La chambre à coucher

29, Août,2013 by

chambrePour bien dormir, il faut être dans de bonnes conditions. Parfois évidents, comme la qualité du sommier ou du matelas, les effets de l’environnement sur le sommeil peuvent être redoutables. Deux situations sont particulièrement délétères pour le sommeil : un environnement bruyant et une température excessive dans la chambre.

Dans les villes, s’isoler du bruit n’est pas chose facile. Les voisins sont parfois bruyants, envahissants et d’autant plus insupportables que leurs rythmes sont différents du nôtre et leur niveau sonore élevé. L’intrusion du bruit de l’autre au sein de notre intimité est vécue comme une agression entraînant des sentiments de persécution qui peuvent prendre des formes exacerbées. Une de mes patientes, une enseignante à la retraite vivant depuis quinze ans dans le même immeuble, avait très mal vécu l’arrivée d’un jeune couple avec un enfant. Alors qu’elle était charmante, elle ne supportait pas la musique et la télévision que ses nouveaux voisins lui imposaient. Se couchant très tôt, elle était forcément gênée. Petit à petit, elle se mit à guetter les bruits, puis à épier les allées et venues et interprétait tout ce qui se passait comme des comportements délibérément organisés contre elle. La situation aurait fort bien pu devenir ingérable sans une explication suscitée par la jeune femme dans l’ascenseur, ce qui permit à chacun de dire les choses et de mieux connaître l’autre.

Les bruits de proximité peuvent provo-quer des nuisances sonores très gênantes, qui peuvent aller jusqu’à faire fuir les voisins et se terminer par des procès longs et usants. C’est le cas par exemple de certains restaurants, boîtes de nuit, salles de gymnastique, ateliers rattachés à un immeuble, qui font régulièrement réagir les habitants, gênés dans leur rythme de sommeil.

La température est aussi une source de perturbation. Idéalement, celle de la chambre doit se situer entre 18 et 22 °C. Une température fraîche, voire froide, est plutôt bien supportée, dans la mesure où l’on est bien couvert, y compris la tête – ce qui explique la présence d’une capuche dans les sacs de couchage de montagne et des bonnets de nos grand-mères ! –, car le corps dégage de la chaleur et arrive à créer une niche thermique de 18 °C autour du dormeur. Mais gare aux fuites ou aux courants d’air, car il sera alors bien difficile de dormir. Dans une pièce trop chaude, il en va tout autrement : la chaleur est beaucoup plus déstructurante pour le sommeil, en raison des modifications de la régulation de la température au cours du sommeil. Nous sommes des mammifères homéothermes, c’est-à-dire que, quelle que soit la température extérieure, celle de notre corps se maintient à 37 °C. Lors du sommeil paradoxal, qui survient périodiquement à la fin de chaque cycle, il n’en est plus de même : il n’y a plus de régulation de la température, et celle de notre corps s’équilibre donc sur celle de la pièce. Or il est très dangereux pour notre cerveau de voir sa température s’élever. C’est pourquoi, s’il fait très chaud, non seulement on a du mal à s’endormir (car le sommeil se produit quand la température du corps baisse), mais on se réveille en outre à chaque cycle de sommeil paradoxal. Cela explique pourquoi tant de personnes ont des difficultés pour dormir lors des périodes de canicule.

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